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ISSOIRE

« BITURE EXPRESS », QU’EN DISENT LES JEUNES ?

Mercredi 7 avril 2010 à 20h30 à Issoire

par Thierry Morel
Sociologue
Chargé de cours à l’ITSRA *, Clermont-Ferrand

Des enquêtes récentes ont montré que la consommation d’alcool s’est beaucoup banalisée depuis 2000 chez les jeunes. On a fait l’amalgame très vite avec le Binge Drinking, pratique développée dans les pays anglo-saxons et scandinaves, dont les médias se sont fait largement l’écho. Le problème est devenu rapidement affaire de santé publique en France, amenant les parlementaires à légiférer pour interdire la vente d’alcool aux mineurs de moins de 16 ans.

La loi peut-elle régler à elle seule les problèmes d’alcool ? Boire beaucoup pour s’enivrer très vite : la biture express traduit-on en français… Les adultes s’alarment de l’absence de limite des jeunes face à l’alcool, et les jeunes plaident au contraire leur capacité à en contrôler l’excès. D’un côté la « défonce », de l’autre le plaisir de « se lâcher », de se libérer de la pression trop forte de l’image raisonnable, sage et performante qu’on ferait peser sur eux, à l’école ou ailleurs…

Quand les adultes pointent leurs conduites à risques, les jeunes renvoient au cadre bien structuré de leurs fêtes, où l’alcool détermine l’ambiance et la convivialité. Bien boire, c’est boire ensemble. Le pire serait de boire seul, image insupportable du malade alcoolique… Les jeunes font-ils une différence entre ivresse et saoulerie ? A quelle pédagogie obéit leur manière de boire ? Existerait-il une sorte de parcours de l’alcoolisation juvénile entre 14 et 21 ans, avec ses croyances et ses rites ? Dans ce cas, comment repenser la prévention pour que les jeunes se préservent réellement des risques que leur image de la fête occulte ?

Thierry Morel travaille depuis une dizaine d’année sur les espaces publics. Il mène des recherches sur les usages et les pratiques festives de la jeunesse ordinaire et a participé à de nombreuses consultations sur ces thématiques. Il a été coordonnateur et rédacteur d’une étude sur l’alcoolisation festive des 16.