AMBERT
ART CONTEMPORAIN : JE T’AIME... MOI NON PLUS ?
Mardi 8 juin 2010 À 18h30 à Ambertpar Jean Da Silva
Professeur en arts plastiques
Université Paris 1, Panthéon Sorbonne
L’art contemporain suscite auprès du grand public des réactions diverses qui, le plus souvent, relèvent de l’incompréhension. Ses formes, ses modes de diffusion, ses références sont déroutantes pour beaucoup de personnes au point qu’on finit par croire qu’il ne touche qu’un public aussi averti que restreint. Mais est-ce bien sûr ? La création artistique contemporaine ne s’est-elle pas, au contraire, rapprochée comme jamais d’un public de plus en plus large ?
Elle occupe une vraie place dans les médias. Sa diffusion sous diverses formes est largement relayée par nombre d’institutions, d’entreprises voire d’associations. L’histoire et la sociologie montrent que les progrès techniques ont toujours interagi sur le travail de l’artiste. Mais les logiques opérant dans ses œuvres n’interpellent pas le progrès. Elles expriment d’abord le regard décalé qu’un artiste peut porter sur le monde à un moment donné. L’histoire de l’art éclaire cette succession de ruptures exprimées par des réalisations artistiques porteuses d’innovation, de recherche audacieuse, voire de provocation, et qui finissent par faire école…
Depuis les années soixante, l’art contemporain a mis en question les limites conventionnelles des pratiques artistiques dans la danse, la littérature, le cinéma, mais aussi dans les musées ou sur le marché de l’art. Le monde de l’art s’est redéployé sur de nouveaux champs sociaux, investissant des espaces qui ne lui étaient pas spécifiques comme le politique, la sexualité, ou plus globalement les comportements. L’art contemporain aurait-il pour vocation de nous questionner sur notre rapport à la société et à ses mutations liées à la mondialisation ?
Jean Da Silva est vice-président de l’université Paris 1 où il dirige l’école doctorale d’Arts Plastiques, Esthétique et Sciences de l’Art. Il vient de publier Du velu au lisse, histoire et esthétique de l’épilation intime, Paris, Complexe, 2009.