« Papa lit, maman coud » LES LIVRES POUR ENFANTS SONT-ILS TOUJOURS EN ROSE ET BLEU ? Dans le cadre du « Printemps des Bébés »
Mardi 27 avril 2010 à 18h30 - à L’Ecole Supérieure de Commerce, 4 Bld Trudaine à Clermont-FdCONFÉRENCE de Martine Court, sociologue
Enseignante à l’Université Blaise-Pascal
Maman ours cuisine avec son tablier pendant que Papa ours lit le journal. Les filles passent leur temps à attendre des princes charmants hyper-actifs. Et si le conformisme et les conditionnements sociaux continuaient à imposer dans les livres pour enfants, des modèles, des comportements, des désirs, des métiers, toujours aussi stéréotypés aux garçons et aux filles ! L’identification du petit humain aux rôles sexistes qui lui sont assignés a-t-elle évolué ?
Dans un ouvrage demeuré célèbre – « Papa lit, maman coud » - Annie Decroux-Masson montrait, en 1979, que les manuels scolaires offraient à leurs jeunes lecteurs une représentation très stéréotypée des garçons et des filles, ainsi que des hommes et des femmes. Ces manuels proposaient une vision très conformiste des rôles parentaux et de l’activité professionnelle : les tâches domestiques étant accomplies uniquement par les mères, les femmes et les hommes exerçant systématiquement des métiers conformes aux stéréotypes.
Ils offraient une vision tout aussi stéréotypée des centres d’intérêt des un(e)s et des autres : les filles et les femmes étant par exemple très fréquemment présentées comme soucieuses de leur apparence, les hommes et les garçons comme amateurs de lecture - notamment de journaux - ou d’activités de plein air.
Plus de 30 ans après la publication de ce texte, l’analyse des livres destinés aux enfants conduit-elle au même type d’observations ? Le contenu de ces ouvrages a-t-il évolué en ce qui concerne les représentations du masculin et du féminin ? Ces livres sont-ils toujours « en bleu et rose » ?
Alors que ces questions étaient tombées dans l’oubli au cours des années 1980, elles font à nouveau l’objet de recherches en sociologie depuis une quinzaine d’années. Ces recherches s’intéressent aujourd’hui non seulement aux manuels scolaires, mais aussi aux albums, aux imagiers, à la littérature de jeunesse et à la presse.
Elles font apparaître que si les clichés les plus criants ont presque totalement disparu de ces supports culturels, de nombreux stéréotypes relatifs aux hommes et aux femmes continuent néanmoins à y être répandus.
C’est le cas en particulier dans les magazines « pour filles », réapparus en France à la fin des années 1990. Ces recherches montrent aussi que ces stéréotypes ne sont pas identiques dans tous ces supports. Ils ne sont en particulier pas les mêmes dans les supports destinés aux enfants de classes populaires et dans ceux qui s’adressent à des enfants de catégories sociales plus favorisées.
La conférence de Martine Court présentera ces différentes recherches. Elle analysera à la fois les études qui sont consacrées aux livres et celles qui s’intéressent à la presse pour enfants.
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