Programme 2010
INTERACTIONS PLANTES-ANIMAUX ET BIODIVERSITÉ EN GUYANNE FRANçAISE
Jeudi 9 décembre 2010 à 18h30 - à L’Ecole Supérieure de Commerce, 4 Bld Trudaine à Clermont-Fd
Programme « Dernières nouvelles de demain »
CONFÉRENCE de Bruno Corbara, éthologue et écologue - Enseignant-chercheur à l’université Blaise-Pascal - Organisateur de missions d’étude de la biodiversité forestière
Pachycondyla est une fourmi arboricole qui incorpore les graines de certaines plantes dans les parois de son nid aérien… ainsi naissent des « jardins de fourmis ». Parmi les plantes concernées, certaines constituent des réservoirs d’eau où se développe une faune aquatique très originale. La présence de Pachycondyla détermine ainsi l’existence de ces micro-mondes suspendus qui enrichissent la biodiversité forestière. Dans le sous-bois de la même forêt de Guyane, l’arbuste Hirtella, pour se protéger contre les insectes herbivores, abrite à la base de ses feuilles les petites et agressives fourmis Allomerus ; celles-ci, pour capturer leurs proies, construisent un piège à la surface de leur hôte en manipulant un champignon vivant…
Les relations, interactions, interdépendances entre plantes et animaux sont multiples. Elles résultent en grande partie des caractères fondamentaux des représentants de ces deux grands règnes du monde vivant : les végétaux sont immobiles et « producteurs » (ils n’ont pas besoin, pour se nourrir, de matière organique), les animaux sont mobiles et « consommateurs » (ils se nourrissent aux dépens d’autres êtres vivants). Ces interactions se situent ainsi dans deux contextes principaux. Le premier est celui des chaînes ou réseaux alimentaires : en général l’animal mange le végétal (mais c’est parfois le contraire avec les « plantes carnivores ») ; le végétal se défend et il peut le faire en « utilisant » d’autres animaux, les prédateurs de ses prédateurs. Le second est celui de la mobilité « par procuration » : ainsi, ce sont des pollinisateurs souvent très spécialisés (insectes, oiseaux, chauves-souris…) qui assurent la mobilité du pollen et permettent la fécondation croisée des plantes à fleur ; de même des disséminateurs très variés se chargent de la dispersion des graines de ces dernières. Pollinisateurs et disséminateurs assurent ces « services » en échange d’une récompense alimentaire : nectar des fleurs, pulpe des fruits etc.Le concept clé qui traversera le propos de cette conférence est celui de co-évolution. Bruno Corbara amènera progressivement et sans jargon théorique, son auditoire à comprendre à quel point les êtres vivants, - et, plus spécifiquement ici, les plantes et les animaux - sont interdépendants, comment ces interdépendances sont - sur le long terme - un facteur de création d’espèces et donc comment elles constituent une des clés permettant de comprendre la diversité du vivant. Il le fera en présentant en priorité des exemples qu’il connaît bien, puisqu’il les étudie depuis une vingtaine d’années dans les forêts tropicales en particulier en Guyane française.
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