CERVEAUX ET POLITIQUES par Jean Chazal et Pierre Juquin
Jeudi 18 Mars 2010 à 18h30 - à L’Ecole Supérieure de Commerce, 4 Bld Trudaine à Clermont-FdProgramme « Dernières nouvelles de demain »
CONFÉRENCE de Jean Chazal, professeur de Médecine à l’université d’Auvergne - Neurochirugien au CHU de Clermont-Ferrand et
Pierre Juquin, ancien candidat à la Présidence de la République
Pour certains, le lien social résiderait dans nos neurones, des mécanismes neurobiologiques sous-tendraient nos choix politiques et notre destin serait inscrit dans notre cerveau. Les scientifiques se sont clairement insurgés contre cette conception idéologique conservatrice insinuant que nos aptitudes, nos émotions et nos valeurs seraient gravées dans des structures mentales immuables depuis … des temps préhistoriques. Notre cerveau n’existe pas de manière isolée, mais plutôt comme un composant interagissant constamment dans le théâtre de la vie. Un théâtre indéniablement social, qui implique de fortes capacités d’adaptation.
Et l’on constate d’ores et déjà que toute vision du cerveau est nécessairement politique !
De même que cette propriété essentielle du cerveau qu’est sa plasticité se trouve aujourd’hui d’étonnantes convergences avec la flexibilité, vertu cardinale du libéralisme. Et voilà comment une providentielle harmonie du biologique et du social légitimerait l’idéologie du capitalisme. On sait ce qu’il advint de ce type de convergences avec des régimes autoritaires aux conséquences plus désastreuses encore… De là à justifier toutes les soumissions...
Ainsi, confrontés à n’importe quel régime politique, certains développeront des stratégies d’arrangement ou de collaboration, d’autres d’opposition ou de résistance. Liberté, égalité, fraternité trouveront alors un écho très spécifique dans les comportements sociaux. Comportements inspirés par l’intellect, le métabolisme ou l’intrication des deux ? Mais en fonction de quoi, chacun de nous va-t-il activer ses centres cérébraux du raisonnement ou de l’émotion ?
Par ailleurs, comment le cerveau – organe déterminé, qui reste soumis aux lois de la biologie, de la chimie ou de la physique – peut-il – par le psychisme et la conscience – ouvrir la voie à un esprit libre ?
Toute l’histoire de l’humanité suggère une multitude de questions adjacentes : existe-t-il des cerveaux « formatés » pour le pouvoir ? Des cerveaux dominants et dominés ? Le cerveau est-il conçu pour vivre la démocratie ? Qu’en est-il de la fidélité aux idées ? De l’esprit critique ? Comment peut-on le manipuler ? Selon quelles méthodes les citoyens sont-ils désinformés et instrumentalisés ?
« Tous les individus, si dissemblables soient-ils, ont d’immenses possibilités. Les capacités du cerveau humain ne sont utilisées qu’à 10 ou 15 % par les plus cultivés ; le génie d’un Mozart ou d’un Rimbaud, d’un Picasso ou d’un Charlie Chaplin, dun Mies Van der Rohe ou d’un Einstein s’explique par le fait qu’ils ont actualisé d’une façon plus étendue que la moyenne ce potentiel cérébral. Mais, l’individu humain qui fait l’histoire, c’est, à l’opposé de la représentation acquise sous la férule des détenteurs dun pouvoir, la femme et l’homme du commun »*
Mais ne doivent-ils pas pour y parvenir s’approprier la politique ?
*Pierre Juquin. Fraternellement libre – Ed Grasset
QUE FAUT-IL ATTENDRE DES NANOTECHNOLOGIES ?
LE SOMMEIL UNE VALEUR SÛRE
AU SUJET DE L’IDEE DE PROGRÈS : CONFIANCE OU MÉFIANCE ?
INTERACTIONS PLANTES-ANIMAUX ET BIODIVERSITÉ EN GUYANNE FRANçAISE