Programme 2007
Sexologue : donner du sens aux sens
Jeudi 29 novembre 2007Longtemps, il y eut un non-dit quotidien et bien pensant sur la sexualité. Puis, dans les années 1970 est apparue la sexologie. On a commencé à nommer les choses et permis aux mots d’entrer dans les dialogues. Pourtant, malgré les tentatives de banalisation par les médias, la sexualité reste taboue et en parler un exercice délicat. Quant aux représentations symboliques des uns et des autres, elles s’avèrent aussi diverses que les personnalités : érigées sur nos valeurs, nos croyances, nos cultures, nos histoires individuelles et collectives. De là , nombre d’incompréhensions qui nécessitent la médiation du sexologue, ce spécialiste de la communication érogène. Certes, notre connaissance de la fonction sexuelle dans ses dimensions anatomique, biologique, physiologique, neurobiochimique est de plus en plus précise. Mais la sexualité humaine — qui lie le corps et l’esprit au-delà de l’indissociable — ne se résume pas à cette dimension. Elle est consubstantielle à la fonction érotique : un langage, un art, celui de la promesse d’une métamorphose. Alors comment parler de ce qui se passe de mots ? Comment dire et entendre le plaisir, le désir, l’amour ? C’est toute la responsabilité du sexologue : apprendre à fabriquer des émotions à partir des sensations, rassurer des personnes prises dans la logique de performance amplifiée par les médias et déstabilisées dans leur identité d’homme et de femme. C’est cette sagesse qui apportera au « rapport sexuel » toute sa force et sa beauté en le transcendant en « relation sexuelle ». Sexologue, un métier de l’intime qui, selon le joli mot de la philosophe Simone Weil, « pratique l’éthique du détachement pour équilibrer l’attachement »