Programme 2006

Retard mental : les progrès de la génétique

Jeudi 18 Mai 2006 - 18h30

Vincent Des Portes, professeur de médecine responsable du « Centre de référence des déficiences mentales liées au chromosome X et du syndrome de l’X fragile » � l’Hôpital Debrousse, Lyon

Les progrès de la génétique ont permis des avancées considérables dans l’explication des causes du retard mental. L’identification de 90 gènes responsables de retards mentaux — sur un nombre total estimé d’environ 300 — nous a beaucoup éclairés sur le développement du cerveau et sa capacité � apprendre. Outre la compréhension du fonctionnement cérébral, l’identification de ces anomalies du patrimoine génétique est fondamentale pour proposer un conseil génétique fiable au plus grand nombre possible d’individus de la famille qui le souhaitent, afin de prévenir toute récidive. Enfin, il offre des éléments de réponse, quant � l’évolution du handicap et aux possibilités de prises en charge thérapeutiques et éducatives.


Vincent Des Portes, professeur de médecine
responsable du « Centre de référence des déficiences mentales liées au _ chromosome X et du syndrome de l’X fragile » à l’Hôpital Debrousse, Lyon.

Il touche 3 % de la population et dans 40 % des cas, ses causes sont inexpliquées : c’est le retard mental. 10% proviennent d’un accident périnatal, 10 % sont issus de séquelles d’affections survenues après la naissance et 80 % s’avèrent d’origine anténatale, le plus souvent par anomalies du patrimoine génétique interagissant de façon étroite avec l’environnement de la grossesse.

Si le terme « retard du développement » est souvent utilisé pour les enfants en bas âge, le terme « retard mental » - léger, modéré ou sévère, selon le quotient intellectuel (QI) - s’applique à l’âge scolaire.

Les examens pour identifier la cause d’un retard mental sont nombreux, du fait de l’extrême hétérogénéité clinique et génétique de ces maladies. Les anomalies du patrimoine génétique responsables de retards mentaux sont en effet très nombreuses et diversifiées. Certaines touchent tout ou une grande partie d’un chromosome : elles sont alors facilement détectées par une observation au microscope des chromosomes (caryotype) comme dans la trisomie 21.
Le plus souvent ces pertes ou gains de matériel génétique sont beaucoup plus petits et nécessitent de nouvelles techniques plus sophistiquées pour les mettre en évidence. Enfin, depuis une dizaine d’années des erreurs du code génétique (mutations) ont été mises en évidence au niveau d’unités de fabrication, les gènes.
Actuellement seuls 90 gènes ont été identifiés comme responsables de retards mentaux sur un nombre total estimé d’environ 300. L’identification de ces gènes nous a beaucoup éclairés sur le développement du cerveau et sa capacité à apprendre. L’environnement dans lequel évoluent ces gènes en anténatal — alcool, tabac, stress, diabète maternels — ou postnatal — stimulations, environnement psychoaffectif — joue un rôle fondamental dans l’expression du retard mental.

Outre la compréhension du fonctionnement cérébral, l’identification de ces anomalies du patrimoine génétique est très importante pour proposer un conseil génétique fiable au plus grand nombre possible d’individus de la famille qui le souhaitent, afin de prévenir toute récidive. Enfin, il offre des éléments de réponse, quant à l’évolution du handicap et aux possibilités de prises en charge thérapeutiques et éducatives.

En partenariat avec la Fédération Génétique Humaine Auvergne, le CHU de Clermont-Ferrand et l’Université d’Auvergne