AMBERT

ECONOMIE ET ETHIQUE : DES LIENS PROBLÉMATIQUES ?

Mardi 5 octobre 2010 à 18h30 à Ambert
Programme « Bivouac des facs »

Gérard Guièze
Philosophe
Chargé de cours à l’université d’Auvergne - Clermont-Ferrand

La crise financière qui secoue l’économie mondiale engendre souvent un sentiment d’injustice auprès des populations qui en subissent les effets dans leur vie de tous les jours : perte d’emploi, augmentation de la pauvreté, précarisation, difficultés pour se soigner, pour vivre ou pour survivre. D’un côté les logiques spéculatives s’emballent, de l’autre, économie solidaire et commerce équitable tentent de moraliser, sur ses marges, une sphère marchande obnubilée par le profit et les gains de productivité…
Notre époque semble vouloir opérer un retour de l’éthique face à l’injustice et à la corruption, comme si elle prenait acte d’une mise en crise de l’économie et de la politique. On entend parler ici et là de codes de bonne conduite, de microcrédit, de fonds d’investissement éthique, de cahier des charges ou de labels… Mais l’ordre économique peut-il se soumettre, de lui-même, à une éthique ? Faut-il attendre de l’économie qu’elle réponde à des devoirs, à des valeurs, ou seulement à des intérêts ?
Dans un monde d’incertitude dominé par la suprématie du marché, peut-on imaginer apporter des limites à l’économie par le droit, par des normes qui inscriraient dans le marbre des valeurs dominantes alors que la diversité des cultures engendre des tensions, des contestations, voire des conflits ? Et si l’économie et le marché obéissent à des logiques qui leur sont propres, sur quelles exigences peut s’appuyer une morale qui aurait vocation à organiser la part non marchande de la vie collective ?

Gérard Guièze enseigne aussi la philosophie en classes préparatoires aux Grandes Ecoles. Il a publié plusieurs articles dans différents périodiques visant à interroger les problèmes caractéristiques de nos sociétés démocratiques et du monde contemporain.