Programme « Façons de penser : Il ou Elle ? »

LE CERVEAU A-T-IL UN SEXE ?

Mercredi 3 décembre 2008 à 18h30 à la maison des Sciences de l’Homme, 4 rue Ledru à Clermont-Ferrand

Conférence de Jean Chazal, Neurochirurgien des hôpitaux, professeur à l’université d’Auvergne à Clermont-Ferrand

Les données classiques de l’Anatomie de l’homme moderne précisent que le volume du cerveau féminin est statistiquement inférieur à celui du cerveau masculin, de 100 cm3 environ. Un autre critère efface cette différence, le coefficient d’encéphalisation. On le calcule en rapportant le volume du cerveau à la masse corporelle. Ce n’est pas une surprise : ce coefficient est comparable entre les deux sexes. Si des variations minimes peuvent être observées, elles sont sans rapport avec la qualité du fonctionnement de l’organe.

Le cerveau et le corps constituent une unité inséparable. L’un n’est rien sans l’autre. Il est légitime de penser que les différences entre le corps de l’homme et celui de la femme se retrouvent dans l’encéphale. Les hormones sexuelles (progestérone et oestrogène chez la femme, et testostérone chez l’homme) ont dans un premier temps un effet organisateur sur les structures cérébrales. Puis elles régulent la vie comportementale, le fonctionnement du cerveau devenant différent. Une substance chimique, l’ocytocine, sécrétée au cours de l’accouchement, est supposée jouer un rôle majeur dans le processus de l’attachement d’une mère à ses petits… Présente chez le mâle, on a montré qu’elle interviendrait aussi dans l’attachement social à la femelle chez le rongeur.

Le sexe du cerveau est-il déterminé génétiquement ? Le milieu extérieur et l’éducation jouent-ils un rôle déterminant ? Les réponses qu’on imagine positives, même intuitivement, ne sont actuellement pas suffisantes pour expliquer les différences dont on parle entre masculin et féminin : capacités de représentation spatiale, latéralisation des fonctions dans l’hémisphère droit ou gauche, création artistique… Le mélange « passion - données scientifiques » n’a pas fini d’alimenter le débat.

Voir la vidéo de la conférence :
http://videocampus.univ-bpclermont.fr/ ?v=6KxZIzq8GjUc