Programme 2005
Cosmétiques et parfums d’Egypte
Jeudi 8 Décembre 2005Jean-Luc Lévêque, chimiste, l’Oréal-Recherche
Crèmes hydratantes, antirides ou teintées, huiles pour le corps, maquillages, parfums… 2500 ans avant J-C, les Égyptiens maîtrisaient la chimie des cosmétiques. Dotés de propriétés esthétiques, mais aussi spirituelles et religieuses, les fards, huiles et onguents égyptiens ont contribué � la recherche de produits thérapeutiques.
Jean-Luc Lévêque, chimiste, l’Oréal-Recherche
« Au Musée du Louvre, un fragment de calcaire peint, daté de 1200 avant J-C met en scène en Égypte, sous une tonnelle, une servante qui présente un miroir et un étui à khôl à sa maîtresse allaitant son enfant. Ailleurs, une femme se farde les joues avec un tissu ou dépose une substance sur ses lèvres avec un pinceau ; un sculpteur travaille à la réalisation d’une colonne tandis qu’un autre personnage farde ses paupières. »* Des recherches menées par les Musées de France et par L’Oréal, ont montré que les Égyptiens, maîtrisaient la chimie des parfums et des cosmétiques : crèmes hydratantes, teintées ou antirides, huiles corporelles, maquillages comme le khôl. Qu’il s’agisse de s’attirer les faveurs des dieux ou de gagner le cœur des hommes, les parfums accompagnaient les moments clés de la vie, de la naissance à la mort.
Les archéologues situent à 40 000 ans les premières peintures liées aux arts du corps. Mais ce sont les fouilles effectuées en Mésopotamie et en Égypte qui ont révélé l’importance du maquillage grâce à la découverte de récipients parfois encore remplis de fards rouges, blancs, jaunes, bleus, verts ou noirs. Ces poudres cosmétiques, datées d’environ 2500 avant J-C, étaient constituées de matières minérales : cuivre, manganèse, fer et plomb.
Les tombes égyptiennes ont livré de véritables coffrets de maquillage : miroirs, épingles à cheveux ou stylets et récipients de parfums, onguents et fards et des flacons en albâtre, en marbre, en hématite, mais aussi en roseau, en os ou en ivoire. Les yeux des statues égyptiennes ont transmis les traits cosmétiques utilisés : essentiellement le noir qui allonge l’œil vers la tempe. Les textes religieux renseignent sur les fards rituels et leur association aux cultes divins ou funéraires.
Dotés de propriétés esthétiques et religieuses, les fards, huiles et onguents égyptiens ont contribué à la recherche de produits thérapeutiques.
La chimie analytique a déterminé les formulations de mélanges complexes de plomb, de cuivre, de graisses animales. Un papyrus médical daté de 1550 avant J-C détaille des recettes de teinture de cheveux, mais aussi de collyres et de fards pour soigner les maladies de l’œil. Il illustre la transmission jusqu’à l’époque romaine d’un savoir chimique et ophtalmologique réputé.
* Jean-Luc Lévêque « les cosmétiques au temps de l’Égypte pharaonique » / forum Peau humaine et société (Lyon Mai 2000)