Ce qu’ils en disent …
CHRAZ : La science ? Ca peut divertir
“Pourquoi avoir accepté de faire un Bar des Sciences dans un lieu destiné au divertissement comme la Baie des Singes ? Parce que d’une part la science, quand elle n’est pas enseignée par de vieux mandarins juchés sur des estrades poussiéreuses, ça peut divertir de la soupe inculte que presque tous les médias nous servent froide.
Et aussi parce qu’en fait, la Baie des Singes est un véritable laboratoire où on mélange tout : le bourgeois avec l’ouvrier, le N°5 de Chanel avec le N°0 de la sucrerie de Bourdon, et même celui qui réfléchit avec celui qui se contente de se regarder dans un miroir.
Et puis, la maison de l’Innovation, la société française de Physique et les chercheurs, nos « partenaires », savent si bien se mettre à la portée des babouins que même nous, il nous arrive de sortir de là avec l’impression d’avoir compris quelque chose. C’est vous dire ! »
L’INRA : Un exercice de démocratie
« Certains en ressortent émoustillés, dynamisés, d’autres bougons ou crispés…Participer à un bar des sciences ne laisse personne indifférent.(…) Il y a le chercheur rigoureux qui est prêt à passer une nuit blanche, pour tout expliquer de A à Z, le chercheur cabotin qui épate l’assistance parce qu’il a écrit un livre, le chercheur frustré parce qu’il n’a pas réussi à dire le plus important, le chercheur timide qui n’arrive pas à se faire comprendre, le chercheur enthousiaste qui se fait pédagogue, le chercheur médiatique qui brille par son élocution, le chercheur pointilleux qui prend moult précautions oratoires…
Il y a aussi le consommateur rebelle qui n’a plus confiance dans la science et qui le clame bien fort, le militant qui peaufine son discours de bar en bar, le consommateur nostalgique qui pense que c‘était mieux avant, le consommateur intrépide qui se voit déjà cultiver des tomates sur Mars, le consommateur citoyen qui critique la société actuelle…
Bref, en l’espace d’une soirée, ce sont nos représentations de la science et de la société qui s’entrechoquent et les bars des sciences sont une belle démonstration que le dialogue ne va pas de soi quand on met des sens différents sur chaque mot. Nature, agriculture, qualité , terroir…autant de concepts qui sont brassés par les uns et les autres durant ces soirées et qui résonnent en nous différemment selon notre culture, notre métier, notre connaissance du sujet, notre implication.
C’est un exercice très salutaire de démocratie qui permet de se rendre compte du décalage entre les perceptions des chercheurs et des consommateurs. »
Sylvie Colleu
Responsable Communication INRA Versailles-Grignon
Courrier de l’environnement de l’INRA n°39
LA MONTAGNE : Une liberté de ton
« Il y a des associations contre-nature qui font un tabac : regardez le professeur Tournesol et le Capitaine Haddock, aucune préoccupation commune, et pourtant… Avec un tel précédent on trouve moins déconcertant de retrouver des scientifiques auvergnats chez Chraz.(…)
Rassurez-vous, ceux-ci ne viennent pas en cachette se départir de leur sérieux de chercheurs et investir la scène du café-théâtre pour on ne sait quel one man show. Ils se retrouvent à 4 ou 5 autour d’un animateur pour dialoguer librement avec un public qui n’a que peu d’occasion de les aborder en dehors de leurs labos ou de leur univers professionnel.
L’expérience semble être profitable à tout le monde : au public d’abord, qui peut enfin voir de près un de ces scientifiques qu’il n’aperçoit souvent que perché sur une estrade dans une salle de conférence. Aux scientifiques aussi qui peuvent s’exprimer avec une liberté de ton que ne leur autorisent pas toujours les prestations officielles.(…)
Ici pas d’étiquettes (on n’annonce même pas à l’avance le nom des intervenants), ni d’exposés ennuyeux. On plonge directement dans le vif du sujet. Et cela ressemble bien vite à n’importe quelle discussion où personne ne se cache plus derrière une fonction ou une carte de visite.
Le public découvre ainsi des scientifiques qui lui ressemblent et les scientifiques découvrent qu le public est avant tout curieux plutôt qu’hostile ou méfiant. »
Patrick Bertharion
Journaliste à La Montagne