Programme 2008
Bien vieillir avec des os en béton et des muscles d’acier
Jeudi 13 mars 2008 – 18h30par Véronique Coxam, Responsable d’une équipe de recherche « Alimentation, squelette et métabolisme » et Dominique Dardevet, Responsable d’une équipe de recherche « Nutrition et signaux protéiques »
Directeurs de Recherche INRA Unité mixte de recherche (UMR1019) Centre de Recherche en Nutrition Humaine, Clermont-Ferrand
Notre corps ne cesse de se transformer au cours de la vie. Dès la quarantaine, les formes de cette lente métamorphose ne font généralement pas plaisir : les abdos se relâchent, nos performances sportives piquent du nez, la graisse prend le pas sur le muscle et au-delà de 50 ans, les os se fragilisent, particulièrement chez les femmes. Pourtant la dégradation liée à ces « maladies du déclin » n’est pas inéluctable : des os en béton et des muscles d’acier sont à la portée de tous ou presque ! Grâce aux avancées de la recherche, on sait maintenant comment préserver son capital osseux et musculaire.
Col du fémur, poignets, vertèbres… l’ostéoporose est responsable chaque année de 130 000 fractures. Un chiffre qui pourrait augmenter de 135 % pour les seules fractures de la hanche d’ici à 50 ans ! Il s’agit d’une décalcification qui touche surtout les femmes, car elle résulte des perturbations hormonales engendrées par la ménopause, mais les hommes ne sont pas épargnés. En cause, certes l’allongement de l’espérance de vie, mais aussi une sédentarisation accrue et une détérioration des habitudes alimentaires. Moins connue, la sarcopénie correspond à une diminution de la masse musculaire. Cette autre maladie du vieillissement rend vulnérable, car le manque de muscles et la déperdition de la force favorisent les chutes et réduisent la mobilité donc l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées. Cette fonte musculaire résulte de la réduction de l’activité physique, mais aussi de la perte d’efficacité de la prise alimentaire. Des solutions existent, tant pour pallier l’altération du tissu osseux que pour récupérer de la masse musculaire chez les seniors. Mais c’est tout au long de la vie qu’on se construit un capital osseux et musculaire grâce à une hygiène vie fondée sur une activité physique régulière et une alimentation équilibrée.
Les résultats de la recherche pourraient fournir des arguments convaincants pour une meilleure prise en charge de ce problème de santé publique. Des pistes d’actions seront révélées par ces scientifiques de l’Inra. Elles font la part belle aux protéines, au calcium, à la vitamine D, mais aussi à des micronutriments aux vertus anti-oxydantes et protectrices, que l’on trouve dans les fruits et légumes et — plus innovant — à l’importance de la répartition des repas pour une efficacité garantie.