Programme 2006

Autisme : où en est-on ?

Jeudi 28 septembre 2006

Patrick Chambres, professeur de psychologie
laboratoire de psychologie sociale et cognitive
CNRS - Université Blaise-Pascal

La connaissance a considérablement progressé sur les fondements de ce handicap, en termes de dépistage et de diagnostic et donc sur les moyens d’une prise en charge efficace.


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Photo « jouer seul » @ Patrick Chambres
Photo d’un petit enfant seul, assis et jouant dans le sable sur une plage

Trouble du développement, l’autisme se manifeste dès les premières années de vie de l’enfant.
Les signes sont divers, d’intensité différente selon les personnes et variables avec l’âge.
Quand on parle aujourd’hui d’autisme, on évoque encore trop souvent une méconnaissance de ce trouble très handicapant. Cette idée reçue, fondée sur l’histoire tourmentée de son identification, n’est pas conforme à la réalité.

La connaissance a considérablement progressé :

  • sur les fondements de ce handicap
  • en termes de dépistage et de diagnostic
  • et donc sur les moyens d’une prise en charge efficace.
  • La responsabilité neuro-biologique de l’autisme est désormais reconnue. Les techniques d’imagerie cérébrale conduisent à mieux discerner les anomalies du système nerveux central. Elles aident aussi à mieux comprendre les spécificités comportementales des autistes : des spécialistes distinguent clairement, au niveau pariétal, le traitement indifférencié des sons sociaux (voix humaine) et des sons non-sociaux (voiture) chez les personnes atteintes. Ces traitements sont significativement dissociés chez les personnes « ordinaires ». Les recherches génétiques ont révélé l’absence de « gêne de l’autisme », mais plutôt une configuration de gênes impliqués dans ce handicap.
  • De nouveaux outils, dont la fiabilité scientifique est démontrée, garantissent désormais le dépistage et le diagnostic. C’est une chance nouvelle : un repérage précoce des troubles conditionne l’avenir des jeunes autistes, à condition qu’ils bénéficient d’une prise en charge pertinente. De plus, l’usage international de ces outils permet d’optimiser les études scientifiques dans le cadre de réseaux, ce qui accroît l’efficacité des organismes de recherche engagés dans cette voie.
  • Dans l’état actuel du savoir scientifique, le meilleur espoir des autistes, c’est de pouvoir bénéficier d’une éducation spécifique fondée sur la communication. C’est aussi le moyen le plus efficace pour faire évoluer la représentation de l’autisme faite de mutisme et d’auto-mutilation. Les autistes ne refusent pas la communication, bien au contraire. Mais une communication conventionnelle ne leur est pas naturellement accessible comme pour tout autre enfant. Il faut donc souvent construire une communication spéciale, à leur portée. On sait le faire depuis des années, mais on l’utilise encore trop rarement, surtout en France.

En partenariat avec les associations « Autisme Action » et « Autisme Auvergne »